Learning Lines.

Accueil > décembre 2007

You're so stuck up.

We'll walk around...

L'Histoire est à venir.

J'avoue ne pas comprendre.

Why are you so beautiful ? :)

Sciences humaines appliquées.

& Philosophie nocturne.

I tell you everything I know.

See you on monday.

Des phrases resurgissent du plus profond de l'inconscient et se font obsédantes. Elles apparaissent, sans que l'on sache pourquoi. Probablement à cause d'une sollicitation d'un sens qui rappelle le passé. Sans qu'on le sache. Sans que l'on sache.

You gotta know.

Tout est illuminé.

It's just the way you see the world

Une délicieuse odeur de crèpes m'appelle.

See you. (soon).

A girl from Deviantart

Body landscape

His game is called survivin'

Il éternua, deux fois. Il se coucha sur son lit miteux et alluma une cigarette. Guns of Brixton, des Clash, résonnait entre les quatres murs jaunis de l'unique pièce de son studio. Il couvrit son visage fatigué de ses mains lasses, occultant ses yeux ternes. Il y avait très peu de meubles. Un lit, à même le sol, une table faisant office de bureau, une platine vinyle par terre, des pochettes tout autour en piles désordonnées, un bar américain.

La musique s'arrêta. Il soupira. Il s'étendit vers la platine et pressa un des boutons. Le mouvement du bras du tourne-disque brisa le silence de la pièce grisâtre. La mélodie reprit. L'histoire d'émeutes raciales au Royaume-Uni dans les années 80.

« When they'll kick at your front door, are you gonna come, with your hands on your head or arround the trigger of your gun ? »

« When the law break in, are you gonna go, shot down on the pavement, or waiting in the floor ? »

Il éteignit sa cigarette et la plongea dans un cendrier déjà trop rempli. Il rongea ses ongles. Un de ses doigts saignait. Il le pressa. Une goutte de sang tomba sur le drap. Il se laissa glisser dans la blancheur de sa couette, et disparut. Il sentait l'amertume du sang dans sa bouche. L'amertume d'une journée grise et terne, à la fois dénuée de vie et inutile. Il s'endormit.

La mélodie ralentissait doucement, bientôt, elle s'arrêta, et le bras du tourne-disque reprit sa place produisant un petit bruit.

From Deviantart

Crossroads

J'ai fini Micromégas, Nouvelles sous ecstasy et Enfance. (pas trop tôt)

[...]

Les pavés se marbrèrent de milles taches noires dans une sorte de crépitement. Et soudain la pluie tomba plus vite, plus fort, tout était recouvert. Il jura. Il enleva la veste qu'il portait sur son dos et recouvrit son sac afin de protéger son précieux contenu. Il arriva enfin vers la place. Le vent s'ajouta à la pluie, de fortes rafales venaient de l'océan et le faisait chanceler. Il s'abrita partiellement sous un porche et chercha des yeux sa destination sur la place. Il faisait nuit. Il n'y avait qu'un établissement ouvert. Il hésitait, mais, la pluie ne s'arrêtant pas, il avanca. Il vit sur le kiosque une silhouette reconnaissable. Il se dirigea rapidement vers le kiosque pour s'abriter. Ce faisant, il fut trempé par la pluie glacée. 'Il' était au téléphone, il lui serra rapidement la main et se tint à bonne distance, attendant la fin de la conversation. Qui dura.

Il marchait parallelement aux planches détrempées, essayant de rester à la fois face au vent pour ne pas avoir les cheveux dans les yeux et suffisament loin pour ne pas entendre les répliques de la conversation. Au loin on distinguait le blanc de l'écume qui se détachait de l'océan qui avait adopté la couleur d'une nuit de mauvais temps.

Hard rain

I'm tryin' to protect what I keep inside. :)

Shoulda shake your heart. [2]

Et donc il advint que la princesse...

Ses pas résonnaient encore dans la cage d'escalier malodorante lorsqu'elle enfonça la barre d'acier qui actionnait l'ouverture de la porte. C'était une de ces soirées d'hiver où la nuit tombe plus vite sur les passants, où les phares aveuglants des voitures transpercent la nuit. Elle faisait bruisser les feuilles humides sous ses chaussures. Zigzaguant entre les voitures garées, elle arriva à l'arrêt de bus. Elle vérifia d'un regard rapide l'horaire qu'elle avait déjà lu avant de partir. « Navarre plus trois minutes ». Elle s'adossa négligemment à la paroi vitrée et entreprit de démêler ses écouteurs.

Une silhouette la fît sortir de sa rêverie. C'était une fille qu'elle avait déjà vu. L'inconnue s'approcha et, par le même rituel, elle vérifia les horaires. Satisfaite, l'inconnue monta sur le banc de l'arrêt afin de mieux surveiller l'arrivée du bus ; elle jetta un bref coup d'oeil intrigué à l'autre occupante de l'arrêt de bus.

Leurs regard se croisèrent dans un mélange de bleu et de vert. Elles sourirent. Toutes deux flattées, elles détournèrent la tête en rougissant. La curiosité reprennant le dessus, elles se toisèrent tour à tour, s'inspectant respectivement au cil près.

Leurs regards se croisèrent encore, et encore, à chaque fois, elles répétaient ce même mouvement de gêne. Puis, un regard se posa sur l'autre, hypnotique. Elles se fixèrent.

Dans un bruit hydraulique, les deux battants de la porte du bus s'ouvrirent. La machine jaune et grise qui validait cartes magnétiques et les tickets émit deux 'bips' significatifs. Le bus redémarra dans un vrombissement insouciant. Des bruits de pas irréguliers, un fauteuil qui grince, puis un autre. La route se devinait par le bruit des flaques dans lesquelles les roues du bus passaient, produisant à deux reprises un bruit d'éclaboussure et d'eau renversée.

Si concentrées qu'elles le pouvaient à ne rien voir, à ne rien regarder, à ne pas relever la tête, elles se laissaient toutes deux gagner par une envie dévorante...

La montée d'adrénaline fut brève. Du moment où l'on décide de relever la tête, jusqu'au moment où c'est fait. Une intense crispation de tout ses membres, de tout ses muscles, de toute sa conscience. Elles se cherchèrent du regard. Elles se trouvèrent. Et tout disparut autour d'elles. Les bruits des roues. Les lumières des réverbères le long de la route. Les soubresauts du bus. Rien n'avait plus d'importance que le bleu et le vert de leurs pupilles, rien, non rien ne les détournait l'une de l'autre. Elles se fixaient au milieu d'une surenchère de bruits, de lumières et de chaos, sans que le moindre mouvement de paupière ne trahisse la faiblesse de l'une ou de l'autre.

Brusque retour à la réalité. Le bus s'arrêta violemment, projettant ses occupants en avant. Elle descendit furtivement. Elle fût saisie par la fraîcheur piquante de l'air. Devant elle, le fleuve déversait ses reflets sans interruption. Elle sentit une main serrer son épaule. Elle fît volte-face. 'Elle' était là. Surprise tout d'abord par sa plus grande taille. Elle resta silencieuse et immobile.

Elles se saisirent l'une l'autre.

L'une l'autre.

Girl